Jaha Dukureh, militante contre l’excision

Jaha Dukureh (née en 1990) milite activement contre les mutilations génitales féminines. En 2016, elle est nommée parmi les cent personnes les plus influentes du monde selon le Time 100. En 2017, vous avez voté pour elle pour le prix Nob’Elle de la paix !

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Victime de mutilation génitale dès la naissance

Jaha Dukureh nait en Gambie, dans une famille de huit enfants. Peu de temps après sa naissance, elle subit une mutilation génitale féminine de type III : une infibulation. En grandissant, Jaha, encouragée par sa mère qui veut la voir devenir docteure, est l’une des premières filles de sa famille à aller à l’école. Elle s’y montre douée.

« Some family members would complain because instead of coming home and learning to be a woman, I’d be in talent shows and after-school classes »

(Des membres de la famille se plaignaient qu’au lieu de rentrer à la maison et d’apprendre à être une femme, j’avais des cours après l’école)

Quand elle a 14 ans, sa mère apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Jaha l’accompagne au Royaume-Uni où elle suit un traitement ; mais lorsqu’elle apprend qu’il ne lui reste que quelques mois à vivre, elle renvoie sa fille en Gambie pour qu’elle ne la voit pas mourir.

Mariage arrangé

Sans sa mère pour encourager ses études, Jaha est envoyée à New York à l’âge de 15 ans pour un mariage arrangé avec un homme d’une quarantaine d’années. Lors de ses premières relations sexuelles avec son mari, elle souffre le martyr et découvre la mutilation génitale dont elle a été victime à la naissance. Le traitement chirurgical qu’elle reçoit est une nouvelle épreuve, qu’elle vit comme une nouvelle mutilation.

Le mariage se brise rapidement et Jaha emménage chez des membres de sa famille. A force de persévérance, elle parvient à intégrer une école après avoir été refusée dans dix autres, faute de tuteur légal.

Première prise de parole

A 17 ans, Jaha déménage à Atlanta et se remarie, pour un mariage heureux cette fois. Elle finit ses études, obtient un diplôme universitaire, devient banquière et a trois enfants. Parallèlement à sa vie professionnelle et à sa vie de famille, elle décide de s’exprimer publiquement sur les mutilations génitales féminines.

La première fois que Jaha partage son expérience, elle reçoit des retours négatifs l’accusant de vouloir briser des familles ou faire emprisonner des gens, mais elle ne se laisse pas impressionner.

“Whatever they do, I am not afraid. They are not going to make me stop. The safety of our daughters is more important than that”.

(Quoiqu’ils fassent, je n’ai pas peur. Ils ne m’arrêteront pas. La sécurité de nos filles est plus importante que ça).

Safe Hands for Girls

Avec d’autres victimes de mutilations génitales, Jaha crée l’organisation Safe Hands for Girls, dédiée à lutter contre l’excision aux Etats-Unis mais également en Afrique. Elle s’emploie à éveiller les consciences, à faire connaître le problème des mutilations génitales, à soutenir les victimes mais également à mettre en place un plan national de formation des professionnels de santé et de la police.

En 2014, Jaha lance une pétition sur Change.org, adressée au président des Etats-Unis, pour demander la fin des mutilations génitales ainsi qu’une enquête sur la prévalence de cette pratique. Avec plus de 220 000 signatures, l’initiative est un succès et Jaha poursuit sa campagne par le lancement d’un blog dédié à porter les histoires des victimes.

Interdiction de l’excision en Gambie

En Gambie, où l’Unicef estime en 2015 que l’excision concerne trois quarts des femmes, Jaha Dukureh lance et soutient un mouvement citoyen de jeunes qui conduit, en novembre 2015, à l’interdiction des mutilations génitales. La pratique y est désormais punie de jusqu’à trois ans de prison et 1 300 dollars d’amende.

En 2017, l’Unicef estime que 200 millions de filles et de femmes entre 15 et 49 ans, dans 30 pays, ont subi des mutilations génitales féminines. Jaha Dukureh continue son combat, promettant de se battre « jusqu’au bout ».

“You know, in every revolution one person has to stand up to be counted, then other people follow. Right now everyone is turning a blind eye and pretending nothing is wrong – but once we stand up together, they won’t be able to ignore us any more.”

(Vous savez, dans chaque révolution, une personne doit se défendre, puis d’autres personnes suivent. À l’heure actuelle, tout le monde tourne la tête et prétend que tout va bien – mais si on s’unit, ils ne pourront plus nous ignorer.)

Liens utiles

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