Pān Yùliáng (潘玉良, 1895 – 1977) est une artiste chinoise qui a exploré la peinture, la sculpture et la gravure. Son art avant-gardiste a créé la controverse en Chine.
Vendue à 13 ans
Pān Yùliáng nait le 14 juin 1895 à Yangzhou (sur la côte est chinoise), sous le nom de Chen Xiuqing. Ses deux parents meurent au cours de son enfance, son père lorsqu’elle a un an et sa mère lorsqu’elle en a huit. Recueillie par un oncle maternel, elle prend le nom de Zhang Yùliáng. Elle n’a que treize ans lorsque son oncle la vend à une maison close de Wúhú, à proximité.
Zhang passe cinq ans au sein de la maison close en tant que prostituée, jusqu’à sa rencontre avec Pān Zanhua, un riche fonctionnaire dont elle attire l’attention. Après avoir racheté sa liberté, il la prend comme seconde épouse et lui permet d’accéder à une éducation. Reconnaissante, Zhang prend son nom comme surnom et devient Pān Yùliáng.
Études artistiques
Le couple s’installe à Shanghai ; Pān Yùliáng y intègre une école d’arts où elle apprend la peinture. En 1921, après avoir obtenu son diplôme, elle remporte le concours d’entrée de l’Institut franco-chinois de Lyon) avant d’entrer aux Beaux-arts de Lyon et aux Beaux-arts de Paris. Après ses années d’études en France, Pān Yùliáng obtient une bourse d’études du prestigieux prix de Rome et s’installe à Italie. En 1926, ses œuvres sont exposées une première fois à Rome.
Invitée à enseigner à l’université nationale de Nankin puis à l’école d’arts de Shanghai, Pān Yùliáng retourne s’installer en Chine en 1928. Parallèlement à sa carrière d’enseignante, elle expose pour la première fois ses œuvres en solo ; en sept ans, elle exposera à cinq reprises, remarquée pour son style artistique post-impressionniste qui mêle techniques traditionnelles chinoises et influences européennes.
Accueil critique

Son travail, comme celui de sa consœur Guan Zilan [anglais], qui est l’un·e des premier·es artistes à introduire le fauvisme en Chine, reçoit un accueil contrasté. Le public les regarde avec fascination ; le monde de l’art chinois les considère comme des artistes d’avant-garde incarnant la modernité. En revanche, le gouvernement et les conservateurs regarde d’un œil très critique sa peinture, et en particulier ses tableaux de nus.
Sous le feu de la critique, Pān Yùliáng quitte la Chine en 1937 et retourne s’installer à Paris où son art est plus reconnu. Fréquentant des cercles d’artistes, elle expose régulièrement dans des salons en France, mais également en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon.
Quatre artistes chinoises contemporaines
En 1975, le directeur du Musée Cernuschi lui propose une exposition personnelle. Pān Yùliáng accepte l’exposition mais, au lieu de sélectionner uniquement ses propres œuvres, elle invite trois autres femmes artistes d’origine chinoise à exposer avec elle : Lam Oi, Ou Seu-Tan, Shing Wai. En 1977, Quatre artistes chinoises contemporaines est l’une des premières expositions collectives à ne présenter que des femmes.
Pān Yùliáng passe le reste de son existence et de sa carrière en France, exposant peintures, sculptures et gravures. La communauté artistique d’origine chinoise en France l’élit présidente de l’association d’art chinoise.
Pān Yùliáng meurt à Paris en juin 1977.
Liens utiles
La page Wikipédia de Pān Yùliáng
La page Wikipédia de Pān Yùliáng en anglais (plus complète)
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