Manon Roland, personnalité de la Révolution

Jeanne Marie Philipon, plus connue sous le nom de Manon Roland ou Madame Roland (1754 1793) est une figure de la Révolution française, qui a joué un rôle majeur au sein du parti girondin.

Une éducation au couvent

Tableau représentant Madame Roland. Elle porte une robe blanche légère et ses longs cheveux châtains, retenus par un bandeau sur le crâne, lui tombent sur les épaules.Seule survivante des sept enfants de Marguerite Bimont et de Gatien Philipon, Jeanne Marie Philipon nait le 17 mars 1754 à Paris, dans une famille aisée. Vive et intelligente, elle se montre douée pour les études et lit beaucoup, notamment Plutarque, Voltaire, Montesquieu. A onze ans, elle est envoyée au couvent et s’y lie d’amitié avec Sophie et Henriette Canet, avec qui elle reste en contact par la suite.

Marguerite Bimont meurt alors que sa fille a une vingtaine d’années et Manon, quittant le couvent, se consacre aux études et à la maison de son père. Elle a des prétendants, mais rejette toutes les demandes en mariage. En 1776, ses amies Sophie et Henriette lui font rencontrer Jean-Marie Roland de La Platière, inspecteur des manufactures de Picardie et économiste réputé, de vingt ans son aîné. Ils se marient en 1780 et leur fille, Eudora, nait un an plus tard.

La Révolution française

Le couple s’installe à Amiens où Manon Roland, intéressée par la botanique, recueille et recense les plantes des canaux autour de la ville. Trois ans plus tard, Manon pousse son époux à obtenir le poste d’inspecteur des manufactures à Lyon et le couple s’installe à proximité. Cultivée, intelligente et convaincue par les idées des Lumières, elle écrit des articles politiques pour le Courrier de Lyon. Malgré tout, sa vie conjugale l’ennuie.

En 1791, en pleine Révolution française, le couple s’installe à Paris et Manon se lance dans la politique. Elle crée un salon qui accueille régulièrement des personnalités politiques comme Brissot, Pétion ou Robespierre et devient elle-même influente au sein du parti girondin. Elle y rencontre notamment Buzot, avec qui elle connait une passion partagée.

Grâce à ses relations, son mari devient ministre de l’Intérieur en mars 1792 et Manon joue un rôle très important à ses côtés. Après les Massacres de Septembre, pour lesquels elle le tient en partie responsable, Manon s’attaque à Danton et son mari et elle deviennent la cible des Montagnards. Fatigués de ces attaques, le couple se retire de la vie politique publique en janvier 1793, sans pour autant renoncer complètement à la politique.

« Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Le 31 mai 1793, lors de la chute de la Gironde, de nombreux Girondins sont arrêtés ; son mari fuit, et Manon Roland se laisse arrêter le lendemain à son domicile. Elle est libérée le 24 juin mais immédiatement arrêtée à nouveau et transférée à la Conciergerie où elle restera pendant cinq mois. En prison, elle écrit des Mémoires, qui demeurent un témoignage exceptionnel sur l’histoire de la Gironde. Elle est jugée le 8 novembre 1793 et condamnée à mort pour participation à la conspiration contre la République ; la sentence est exécutée le jour-même. Ses dernières paroles auraient été : « Ô Liberté, que de crimes on commet en ton nom ! »

Elle laisse de nombreuses lettres et des mémoires précieuses.

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La fiche Wikipédia de Manon Roland
Madame Roland et l’engagement politique des femmes sous la Révolution

18 commentaires sur “Manon Roland, personnalité de la Révolution

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  1. Bonjour, sans vouloir en faire une affaire de cornecul, la coquille du 22 juillet est un terme typographique de la Renaissance ; il y avait beaucoup de femmes dans les imprimeries?
    Quand j’ai débuté, en 1970, les premières y entraient ; la coquille est sortie, car, retirez lui son Q…
    Juste un exemple de la misogynie des termes techniques. F.

  2. Bonjour,
    une précision, Manon Roland n’a pas été éduquée au couvent, elle ni reste qu’un an, tout ce qu’elle a appris c’est avant ou après, par des maîtres qui venaient chez elle pour des leçons.

  3. Bonjour,
    Permettez quelques mots au sujet des femmes et de la Révolution Française.
    C’est, de tout temps, l’esprit de la femme qui a guidé le monde. Quand la femme pense et agit, le monde marche ; quand elle tombe dans l’apathie intellectuelle, quand elle se laisse réduire en esclavage et abdique son pouvoir, le monde tombe dans l’obscurité.
    Tous les grands mouvements de l’esprit sont dus à l’initiative féminine. La femme donne l’impulsion, l’homme la suit.
    Le grand mouvement philosophique qui au XVIIIème siècle a remis tous les problèmes de la Nature en discussion a été, tout entier, fait par des femmes.
    La marquise de Lambert, Mme de Tencin, Mme Geoffrin, inspirent Fontenelle et son école. La marquise du Deffand, la baronne de Staal, surtout la marquise du Châtelet, influencent l’esprit de Voltaire. Mlle de Lespinasse fait d’Alembert. Mme d’Épinay, la comtesse d’Houdetot font Rousseau. Mme d’Épinay, cette petite femme que Voltaire appelait « un aigle dans une cage de gaze », fait aussi Grimm.
    C’est ce grand réveil de la pensée féminine, se dégageant subitement des entraves du Christianisme, qui prépare la Révolution. Mais cette première révolte de l’esprit de la femme en face des erreurs du vieux monde n’est pas bien comprise par l’homme, elle est défigurée, mal interprétée, mal rendue, elle est traduite en idées masculines.
    La femme esclave demandait son affranchissement : l’homme traduit ce cri de révolte par la demande des droits de l’homme. La femme veut l’affranchissement des entraves mises à la liberté des fonctions de son sexe : l’homme traduit cette aspiration par un nouveau déchaînement dans ses vices à lui et ne continue pas moins à opprimer la femme dans sa sexualité ; ce déchaînement de l’homme amène même une recrudescence de jalousie sexuelle.
    Tout ce que la femme demande pour elle, l’homme, dans la traduction qu’il fait des idées de la femme, le demande pour lui.
    C’est ainsi que la Révolution préparée par la femme pour être l’avènement de la justice ne fut que l’avènement d’un système bâtard qui vint détruire l’ancien régime, mais ne le remplaça pas par ce que la femme avait rêvé.
    Madame Manon ROLAND, c’est cette grande femme qui a joué dans la Révolution le rôle le plus important.
    Mme Roland (Marie-Jeanne Philipon) était sortie du peuple.
    Fille d’un graveur, elle vécut d’abord dans un milieu pauvre et étroit, mais où, cependant, sa nature franche et ouverte trouva à se manifester.
    Éprise de liberté et de justice, elle s’émancipa avant l’heure, devançant son époque comme tous les grands esprits. Nourrie des livres de Voltaire, de Rousseau, des Encyclopédistes, surtout de Plutarque, elle se passionna pour les idées nouvelles et leur donna elle-même une grande impulsion ; donnant libre carrière à sa raison droite, à ses sentiments élevés, elle fut une vraie femme, et osa le montrer, un esprit juste qui s’affirme, un caractère qui ne subit aucune oppression, n’admet aucune tutelle.
    Cependant, elle resta femme, elle resta bonne et n’eut rien de viril, quoi qu’en aient dit ses biographes ; elle fut inspirée et inspiratrice, c’est pourquoi, dès les premiers jours de trouble, elle fut l’âme de la Révolution.
    Cordialement.

  4. Guillotinée, elle n’a eu que ce qu’elle méritait puisqu’on lit dans Chateaubriand (« Mémoires d’Outre-Tombe », Chapitre Londres, Avril à Septembre 1822 ) qu’elle n’avait de cesse depuis 1793 de demander la tête de la Reine.

  5. Merci pour cet article, j’aime beaucoup cette période où les femmes ont commencé à avoir une influence politique visible, grâce à leurs salons notamment.
    (Je soupçonne une coquille : à « quitta le couvent », ne serait-il pas mieux d’écrire « quittant le couvent », au vu des temps des autres verbes de la phrase ?)

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