Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue à la tête d’un Etat africain

Ellen Johnson Sirleaf (née en 1938), Présidente de la République du Libéria, est la première femme élue au suffrage universel à la tête d’un État africain. En 2011, elle a reçu le prix Nobel de la paix avec Tawakkul Karman et Leymah Gbowee.

Premiers postes au gouvernement

Ellen Johnson SirleafEllen Johnson Sirleaf nait le 29 octobre 1938 à Monrovia, capitale du Libéria, dans une famille aisée. Son père, Jahmale Carney Johnson, est avocat. De 1948 à 1955, elle étudie l’économie au College of West Africa à Monrovia. A 17 ans, elle épouse John Sirleaf et part avec lui aux Etats-Unis. Là-bas, elle poursuit ses études et obtient un baccalauréat ès sciences en comptabilité au Madison Business College en 1964, un diplôme d’économie de l’université de Colorado en 1970, et un master en administration publique de l’université Harvard en 1971.

Ellen rentre alors au Libéria et devient secrétaire d’État aux Finances entre 1972 et 1978 puis ministre des Finances entre 1979 et 1980 sous le gouvernement de William Richard Tolbert. En 1980, le militaire Samuel Doe fait assassiner William Tolbert et la plupart de ses ministres au cours d’un coup d’Etat. Ellen et trois autres membres du cabinet du président y survivent. Elle accepte initialement un poste dans le gouvernement du nouveau président mais fuit le pays en 1980 après avoir publiquement critiqué Doe.

Première femme élue à la présidence d’un pays africain

Pendant un premier temps, elle s’installe à Washington pour travailler à la Banque mondiale puis elle emménage à Nairobi (au Kenya), en 1981, pour devenir vice-présidente de l’office africain de Citibank. Elle démissionne quatre ans plus tard pour se présenter à la vice-présidence lors des élections générales au Libéria de 1985, mais elle est arrêtée et condamnée à dix ans de prison pour avoir publiquement critiqué Doe et les membres de son gouvernement. Elle est cependant graciée peu après. Repartant aux Etats-Unis, elle travaille pour une filiale de HSBC.

En 1989, lors de la Première guerre civile libérienne, elle soutient Charles Taylor contre Samuel Doe, en l’aidant notamment à lever des fonds, mais elle s’opposera par la suite à sa manière de conduire la guerre, reconnaissant plus tard que ce soutien était une erreur. En 1992, elle devient directrice du Programme des Nations Unies pour le Développement pour l’Afrique. En 1997, elle démissionne pour se présenter à l’élection présidentielle du Libéria mais l’élection est remportée haut la main par Charles Taylor et Ellen s’exile à Abidjan (Côte-d’Ivoire).  En 2005, après la Deuxième guerre civile libérienne, elle se présente à nouveau.

Candidate pour le Parti de l’unité, elle passe le premier tour et se retrouve au second opposée à George Weah. Selon les résultats définitifs, Ellen Johnson Sirleaf recueille 59,4 % des voix contre 440,6% pour l’ex-vedette internationale du football, George Weah. Le 16 janvier 2006, elle prête serment devant le président de la Cour suprême et devient la première femme élue à la présidence d’un pays africain. Le 16 janvier 2012, elle sera investie pour un second mandat.

Prix Nobel de la paix

Au cours de sa présidence, Ellen Johnson Sirleaf fait de la réduction de la dette nationale une priorité de son gouvernement. Elle promet une politique « zéro corruption » parmi les membres de son gouvernement, ce qui n’empêche pas des affaires de corruption d’éclater. Elle crée une commission « Vérité et réconciliation » pour promouvoir la paix nationale, l’unité et la réconciliation par des enquêtes sur ces vingt ans de guerre civile. Elle s’excuse, en 2009, pour son soutien apporté à Charles Taylor. Elle forge des relations avec la Côte-d’Ivoire, les Etats-Unis et la Chine. En 2011, pendant la guerre civile en Libye, elle fait partie des dirigeant qui appellent Kadhafi à cesser sa politique de répression. En 2012, elle refuse de démanteler les lois criminalisant l’homosexualité au Libéria tout en s’opposant à tout projet d’amendement visant à les durcir.

En 2011, elle reçoit le prix Nobel de la paix avec Tawakkul Karman et Leymah Gbowee « pour leur lutte non-violente pour la sécurité des femmes et leurs droits à une participation entière dans la construction de la paix ».

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