Eulalie Papavoine, ambulancière de la Commune

Couturière parisienne, Eulalie Papavoine (1846 – 1875) a servi comme ambulancière lors de la Commune de Paris. Comme d’autres, elle souffrira du mythe de la pétroleuse.

Couturière à Paris

Cette image est un portrait photographie d'Eulalie Papavoine, réalisé par Eugène Appart à la prison des chantiers de Versailles. Vêtue d'une robe épaisse, elle a les bras croisés, les cheveux en chignon, et regarde vers la gauche.
Eulalie Papavoine – par Eugène Appert  (prison des Chantiers de Versailles)

On sait très peu de choses de la vie d’Eulalie Papavoine avant la Commune de Paris, insurrection qui éclate au printemps 1871 alors qu’elle est âgée de 24 ans. Eulalie nait le 11 novembre 1846 à Auxerre et s’installe à Paris où elle travaille comme couturière. Sans avoir de lien familial avec lui, elle partage le nom de famille d’un criminel exécuté en 1825 pour un double meurtre, une homonymie malheureuse qui jouera peut-être un rôle au cours de son procès.

Lorsque la Commune de Paris démarre en mars 1871, Eulalie n’est pas mariée mais vit en concubinage avec Rémy Balthazar, ciseleur, avec qui elle a un enfant. Caporal fédéré du 135e bataillon de la Garde nationale, Rémy participe aux événements de la Commune, et Eulalie le suit.

La Commune de Paris

La défaite française de la guerre franco-prussienne de 1870, le siège de Paris par les troupes allemandes de l’hiver 1870 – 1871 et l’armistice signé en janvier 1871 sont les éléments déclencheurs de la Commune de Paris ; de nombreux Parisiens, qui ont subi le siège et la famine, veulent poursuivre la guerre. Mais cette insurrection trouve également ses racines dans les conditions de vie particulièrement dures des ouvriers de l’époque, travaillant très dur pour des salaires de misère, ainsi que d’une certaine soif de démocratie.

Le 18 mars 1871, le gouvernement d’Adolphe Thiers cherche à désarmer la Garde nationale en réquisitionnant les canons payés par le peuple de Paris et entreposés sur la butte Montmartre. La population et la Garde nationale s’y opposent, et les soldats envoyés refusent de faire feu. C’est le début du soulèvement. Le gouvernement quitte Paris pour Versailles et, dès le lendemain, on annonce des élections pour un Conseil de la Commune.

L’insurrection durera environ deux mois. Deux mois ponctués de conflits avec Versailles, et au cours desquels la Commune met en place une politique proche de l’autogestion et prend de nombreuses mesures sociales : ouverture de la citoyenneté aux étrangers, réquisition d’ateliers et organisation d’ateliers autogérés, reconnaissance des unions libres, cantines municipales… À l’image de Louise Michel, de nombreuses femmes s’impliquent dans la Commune, sur les barricades comme dans la gestion quotidienne. L’expérience prend tragiquement fin lorsque la révolte est réprimée dans le sang, lors de la Semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871. La répression est brutale : des milliers de personnes sont massacrées, des dizaines de milliers d’autres arrêtées et jugées par la suite.

Le mythe de la pétroleuse

Eulalie Papavoine fait partie de ces femmes qui participent à la Commune. Elle suit son compagnon et père de son enfant, Rémy Balthazar, lors de combats à Neuilly, Issy, Vanves et Levallois ; elle-même ne combat pas mais sert comme ambulancière, administrant les premiers soins aux blessés avant de les emmener à l’hôpital.

Eulalie est arrêtée après la Semaine sanglante et accusée d’être une meneuse. Comme d’autres femmes, elle est soupçonnée d’être une « pétroleuse », une incendiaire responsable des nombreuses incendies ayant ravagé les bâtiments de la ville lors des combats. Le mythe, propagé par la presse, nuit à de nombreuses femmes et reste tenace aujourd’hui, quand bien même aucune femme ne sera condamnée comme incendiaire. Eulalie nie avoir participé aux incendies et aux combats, et reconnait seulement avoir secouru les blessés. Lors de son procès, elle indique qu’elle voulait « suivre le sort de [son] amant ».

En septembre 1871, Eulalie est condamnée à la déportation et aux travaux forcés. En détention, elle épouse son compagnon Rémy Balthazar, lui aussi emprisonné, pour légitimer son fils. De sa condamnation, Louise Michel écrira :
« Eulalie Papavoine fut, par le hasard de son nom, condamnée aux travaux forcés ; elle n’était pas même parente du Papavoine légendaire, mais on était trop heureux de faire sonner ce nom-là. »

Eulalie Papavoine meurt en mai 1875 à l’asile de Châlons-sur-Marne.

Liens utiles

Page wikipédia d’Eulalie Papavoine
Mémoires de Louise Michel/Chapitre XV
Présumées coupables – les pétroleuses

2 commentaires sur “Eulalie Papavoine, ambulancière de la Commune

Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :