Mala Zimetbaum, résistante héroïque

Mala Zimetbaum (1918 – 1944) est une résistante juive polonaise, qui s’est illustrée par son extraordinaire courage. Déportée à Auschwitz, elle parvient à s’en évader avant d’être reprise. Jusqu’au dernier moment, elle exhorte ses compagnes de détention à la révolte.

La Brigade blanche

Mala_Zimetbaum_(1918-1944)Cadette d’une fratrie de cinq enfants, Mala Zimetbaum nait le 26 janvier 1918 dans une petite ville du sud de la Pologne, au sein d’une famille juive. Sa mère, Chaïa Schmelzer est manœuvre et son père, Pinkhas Zimetbaum-Hartman, est colporteur. En 1928, la famille s’installe en Belgique, à Anvers. A l’école, Mala se révèle une élève brillante, douée en particulier pour les langues. Elle parle, entre autres, le polonais, le flamand, le yiddish, le français, l’anglais.

Au début des années 30, Mala décide d’arrêter ses études pour soutenir sa famille et en particulier son père qui est devenu aveugle. En 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle travaille comme couturière dans une boutique de mode d’Anvers. Consciente que la situation des Juifs risque de devenir dangereuse, Mala se rapproche de la résistance à travers la Brigade blanche, qui mène principalement des actions de renseignement et de propagande anti-Allemands.

Déportation à Auschwitz

Début 1942, Mala prend un emploi de tailleuse de diamants puis travaille comme secrétaire à la American Diamond Company. Lorsque les entreprises de diamant juives sont fermées à les autorités, Mala ne suit pas la compagnie aux Etats-Unis. Elle se rend à Bruxelles pour chercher une cachette pour sa famille ; à son retour à Anvers, en juillet 1942, elle est arrêtée à la descente du train. Après des semaines de détention, elle est déportée à Auschwitz en septembre.

A Auschwitz, Mala est déclarée apte au travail, tatouée du matricule 19880 et transférée au camp pour femmes de Birkenau. Remarquée pour son excellente maîtrise des langues, elle est choisie pour servir d’interprète et de coursière. Son statut à part lui accorde quelques avantages, parmi lesquels une alimentation et une hygiène correctes. Dans la mesure du possible, Mala utilise sa position pour aider ses compagnes de détention en leur fournissant des rations, des médicaments, ou en faisant passer des messages. Des survivantes témoignent de ses efforts pour venir en aide aux femmes malades, affaiblies, en difficulté.

La fuite avec Edek

Edward_Galinski_(1926-1944)Fin 1943, Mala rencontre Edward Galinsk (surnommé Edek), mécanicien et détenu à Auschwitz depuis plus de trois ans en tant que prisonnier politique. Les deux tombent amoureux ; le statut particulier conféré par les tâches qui leur sont confiées leur permet de se voir occasionnellement. Et quand Edek planifie une évasion, en juin 1944, il propose à Mala de se joindre à lui. Déguisés en SS et en prisonnier masculin, les deux parviennent à s’évader du camp.

A l’appel du soir, leur évasion est repérée et l’alerte est donnée aux postes de contrôle. Mala et Edek échappent à leurs poursuivants pendant douze jours mais sont repris en direction de la frontière slovaque, début juillet 1944. Les fugitifs sont ramenés au camp où ils sont interrogés et torturés. Tous deux disent avoir agi seul pour ne pas inculper l’autre. Mala parvient à faire passer un message à une de ses compagnes de détention, lui disant : « Je sais ce qui m’attend. Je suis préparée au pire. Sois courageuse et souviens-toi de tout ».

Les derniers moments

Condamnés à mort par pendaison, Mala et Edek doivent être exécutés simultanément et publiquement, Mala dans le camp pour femmes B-Ia et Edek dans le camp pour hommes B-Id, en septembre 1944. Edek tente de provoquer sa pendaison en se précipitant en avant, mais il est repoussé en arrière et pendu après la lecture du verdict.

Tandis qu’on prononce sa sentence devant les détenues rassemblées, Mala, qui avait dissimulé une lame sur elle, parvient à se trancher une veine. Un SS tente de l’en empêcher ; elle le frappe au visage. Conduite à l’infirmerie pour arrêter le saignement, Mala meurt sur le chemin du crématoire ou est abattue en y arrivant. Ses dernières paroles, dont différentes versions ont été rapportées, auraient été pour exhorter ses compagnes de détention à la révolte.

Différentes versions de ses derniers mots

« Je sais que je vais mourir, mais cela importe peu. Ce qui importe, c’est que vous mourrez aussi, vous et votre Reich criminel. Vos heures sont comptées et, bientôt, vous payerez pour vos crimes »

« Je vais mourir en héroïne, vous mourrez comme un chien »

« Assassins, vous aurez à payer bientôt, n’ayez pas peur, l’issue est proche ; je sais que j’ai été libre, ne renoncez pas, n’oubliez jamais »

« Debout! Debout! Vous êtes des centaines, attaquez-les! »

Liens utiles

La page Wikipédia de Mala Zimetbaum

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