Hōjō Masako, onna-bugeisha et femme de pouvoir

Hōjō Masako (1156 – 16 août 1225) est une onna-bugeisha, une femme combattante du Japon médiéval. 

Minamoto no Yoritomo

Hojo Masako
Hōjō Masako, par Kikuchi Yōsai

Née en 1156 dans la province d’Izu, Hōjō Masako est la fille d’Hōjō no Maki et d’Hōjō Tokimasa, samouraï et chef du clan Hōjō, un clan de samouraï très influent. Elle est la deuxième d’une fratrie de cinq enfants, trois garçons et deux filles. Ses parents sont jeunes, et Masako, dans sa petite enfance, est élevée principalement par des dames de compagnie. Par la suite, elle apprend l’équitation, la chasse, la pêche. Elle mange avec les hommes, plutôt qu’avec les femmes de sa famille.

En 1163, lorsque Masako n’est encore qu’une enfant, le clan Teira défait le clan Minamoto lors de la Rébellion de Heiji, guerre civile enflammant brièvement le pays. L’un des fils du chef du clan Minamoto, Minamoto no Yoritomo, âgé de 13 ans, est envoyé en exil dans la province d’Izu. En 1179, Masako rencontre l’exilé ; les deux tombent amoureux et se marient la même année. Ils auront un fils, Minamoto no Yoriie, qui sera leur héritier, en 1182. Ils auront également une fille et un autre fils par la suite.

La Guerre de Genpei

En 1180, des querelles de successions enflamment à nouveau le pays et des samouraïs du clan Minamoto appellent à se soulever contre les Taira ; c’est le début de la Guerre de Genpei, point culminant de décennies de conflits épisodiques. Soutenu par le clan Hōjō, Yoritomo répond à l’appel. Avec son beau-père, il prend part aux combats pour la première fois en septembre 1180, lors de la bataille d’Ishibashiyama, dans laquelle le frère aîné de Masako perd la vie. Yoritomo devient alors héritier du clan Hōjō, en plus du clan Minamoto. Alors que les combats se poursuivent, Masako suit son mari dans toutes ses campagnes et n’est jamais vaincue au combat. En 1185, les Taira sont finalement vaincus lors de la bataille de Dannoura, et Yorimoto devient l’homme le plus puissant du Japon après le nouvel empereur, Go-Toba. Femme de caractère et fine politicienne, Masako s’implique aux côtés de son mari dans les affaires du pays.

Le premier Shogun

En 1192, Yorimoto devient le premier Shogun (« grand général pacificateur des barbares », titre désignant le dirigeant militaire du Japon), nommé à ce titre par Go-Toba qui meurt l’année suivante. Yorimoto partage ce pouvoir avec le clan Hōjō et avec Masako. En 1199, Yorimoto décède à son tour et son fils Minamoto no Yorije devient shogun à son tour. Comme il n’a que dix-huit ans, le père de Masako, Tokimasa, se proclame shikken, ou régent. Toujours influente de par la position de son père et de son fils, Masako se rase les cheveux et devient moniale bouddhiste ; elle ne va pas vivre dans un monastère, cependant, et continue à s’impliquer en politique, formant avec son père et son frère Yoshitoki un conseil de régents. Le jeune shogun préfère cependant s’entourer de sa belle-famille, le clan Hiki, et de son beau-père Hiki Yoshikazu. Surprenant un complot de son fils et de Yoshikazu, Masako les dénonce à son père. Ensemble, ils destituent le jeune shogun. Yoshikazu est exécuté en 1203 ; l’année suivante, Yorije est assassiné, vraisemblablement sur les ordres de Tokimasa et sans que Masako soit mise au courant.

Négociatrice avec la cour impériale

Le second fils de Masako, Minamoto no Sanetomo, devient le troisième shogun, avec Tokimasa comme régent. Après le meurtre de Yorije et l’exécution arbitraire de leur beau-frère, Masako et son frère sont cependant furieux contre leur père. Apprenant par des rumeurs que son père prévoit de faire exécuter le shogun pour placer un allié à sa place, Masako et Yoshitoki lui ordonnent de se retirer et de devenir moine, sous peine de révolte. En 1205, Tokimasa abdique ; il est envoyé dans un monastère où il mourra dix ans plus tard. Masako installe son frère Yoshitoki comme régent, et devient négociatrice avec la cour impériale.

En 1219, Sanemoto est exécuté par son neveu, fils de Yorije, qui est lui-même capturé par des troupes Hōjō la même année et exécutée à son tour. La lignée Minamoto n’a plus d’héritiers mâles, et Masako et son frère choisissent Kujō Yoritsune, encore bébé à ce moment-là, pour devenir le prochain shogun. En 1224, le régent Yoshitoki décède brutalement de maladie, et son fils lui succède. Le clan Miura tente alors de le renverser, en même temps que Masako et le jeune shogun, mais Masako parvient à négocier et à conserver le pouvoir des Hōjō.

En 1225, Masako meurt à l’âge de 69 ans. Du fait de sa forte implication en politique, elle est surnommée ama-shogun, ou « moniale-shogun ».

Liens utiles

La fiche wikipédia de Hōjō Masako (anglais)
Hōjō Masako sur le site Rejected Princesses (anglais, très romancé)

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